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Condamné pour corruption, l’ancien premier ministre malaisien peut récupérer ses montres Richard Mille, sacs Hermès et bijoux saisis

L’ancien Premier ministre de Malaisie Najib Razak, condamné dans l’affaire de corruption 1MDB, peut réclamer les milliers de bijoux, montres et sacs à main saisis, car l’accusation n’a pas réussi à prouver qu’ils provenaient d’activités illégales, selon un tribunal malaisien.

Najib Razak
Najib Razak, ancien premier ministre de Malaisie entre 2009 et 2018 | © Budiey

Le 14 novembre, la Haute Cour de Kuala Lumpur a jugé que le gouvernement malaisien avait échoué dans sa dernière tentative de confisquer les articles de luxe saisis par la police en 2018 auprès de l’ancien premier ministre Najib Razak dans le cadre de l’affaire de corruption 1MDB.

Si le ministère public ne fait pas appel, Najib Razak et son épouse Rosmah Mansor pourront réclamer les sept montres Richard Mille, les 29 sacs à main Hermès et les quelque 2 435 bijoux précédemment saisis pour une valeur estimée à 80 millions de ringgits (17 millions d’euros).

Le gouvernement malaisien avait intenté un procès en 2019 afin de confisquer les biens saisis lors d’une perquisition dans des propriétés liées à Najib Razak. La plainte a été déposée contre Obyu Holdings, la société qui possédait les propriétés ; Najib Razak et l’Organisation nationale malaise unie (UMNO), le principal parti politique de Malaisie, sont des tiers demandeurs dans le procès.

Le gouvernement a affirmé que les biens ont été détournés des fonds de 1Malaysia Development Berhad.

1Malaysia Development Berhad était à l’origine un fonds d’État créé pour développer l’économie malaisienne. Mais Najib Razak a été accusé avec d’autres personnes d’avoir utilisé ces fonds pour financer leur luxueux style de vie. Le montant volé à 1MDB a été estimé à 4,5 milliards de dollars.

Le scandale a contribué à la perte de la coalition dirigée par Najib Razak lors des élections générales de 2018, après quoi il a perdu le poste de Premier ministre qu’il occupait depuis 2009. La perquisition a eu lieu peu après la chute de l’administration Barisan Nasional, la coalition de droite dirigée par l’UMNO qui est restée continuellement au pouvoir de 1957 à 2018. Barisan Nasional est cependant revenu au pouvoir en 2021.

Najib Razak a été condamné en 2020 à 12 ans de prison et à une amende de 210 millions de ringgits (42 millions d’euros) pour abus de pouvoir, abus de confiance criminel et blanchiment d’argent d’une filiale de 1MDB. La sentence a été confirmée en août dernier.

Mais la haute cour de Kuala Lumpur a estimé que l’accusation n’avait pas réussi à prouver que les articles de luxe de la plainte étaient issus d’une activité illégale.

Najib Razak a toujours soutenu que son argent provenait d’un prêt d’un prince saoudien. Le tribunal a également estimé qu’il n’y avait aucune preuve que les 3 milliards de ringgits (633 millions d’euros) sur le compte AmBank Islamic de Najib Razak, provenant du prince Saud Abdulaziz Al-Saud, résultaient d’activités illégales.

En septembre, la défense de Najib Razak a affirmé que trois des sept montres Richard Mille étaient des cadeaux d’entreprises sans rapport avec les fonds 1MDB. Les sept montres sont évaluées à 4 millions de ringgits (844 000 euros), l’une d’elles valant 1,58 million de ringgits (333 000 euros) et une autre 500 400 ringgits (105 000 euros).

Le procureur adjoint Faten Hadni Khairuddin a déclaré au tribunal que le ministère public envisageait de faire appel de la décision et a demandé un sursis provisoire de la décision afin que les objets soient conservés en attendant la procédure d’appel. Mais la cour a rejeté cette demande, considérant que l’appel n’était que potentiel. Le ministère public peut également faire appel de la décision de refus d’accorder un sursis.

Au total, la police, lors de sa perquisition en 2018 dans des propriétés liées à Najib Razak, a saisi pour environ 1 milliard de ringgits (211 millions d’euros). Il y avait près de 12 000 bijoux (2 200 bagues, 1 400 colliers, 2 100 bracelets, 2 800 paires de boucles d’oreilles,1 600 broches, 14 diadèmes), 401 montres, 234 paires de lunettes, 306 sacs à main, et de l’argent liquide dans différentes devises pour un montant de 114 millions de ringgits (24 millions de dollars). Il s’agit de la plus importante saisie de toute l’histoire de la Malaisie.

Mais la plupart des biens saisis n’ont pas été prouvés qu’ils avaient été la conséquence de l’utilisation du fonds d’État 1MDB et cette tentative du gouvernement était la dernière pour demander la confiscation d’une partie de ces biens.

L’année dernière, le même juge avait rejeté la demande du gouvernement de confisquer les 114 millions de ringgits en espèces saisis chez Najib Razak et Rosmah Mansor parce que l’accusation n’avait pas réussi à prouver qu’ils avaient été détournés des fonds 1MDB. Il a ordonné que les fonds soient restitués à Umno et Najib. Le procureur général n’avait pas fait appel.

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