Politique

La popularité du président chilien Gabriel Boric sur une pente descendante

Le président du Chili Gabriel Boric a déjà 50 % d’opinions défavorables, cinq semaines seulement après son arrivée au pouvoir. Sa popularité souffre notamment des discussions difficiles dans l’élaboration de la nouvelle constitution dans un contexte d’inflation élevée.

Gabriel Boric, président du Chili
Gabriel Boric, président du Chili | Mars 2022

Selon le dernier sondage hebdomadaire de Cadem, l’une des principales sociétés d’études du pays, publié le 17 avril, 50 % de la population est déjà mécontente du président du Chili Gabriel Boric.

Son impopularité a augmenté de neuf points en seulement une semaine. Parallèlement, le pourcentage d’opinions favorables a diminué de quatre points pour atteindre 40 %. Une autre enquête d’opinion réalisée par Activa Research montre des résultats similaires, avec 51 % de personnes désapprouvant l’action du président, contre 41 % à la fin du mois de mars.

Pour la première fois depuis l’entrée en fonction du président le 11 mars, les opinions défavorables sont supérieures aux opinions favorables dans les deux enquêtes d’opinion. Les personnes qui ont attendu pour se faire une idée semblent pencher vers le mécontentement selon le sondage de Cadem.

Le 18 mars, soit une semaine après son arrivée au pouvoir, 50 % de la population était satisfaite du président, ce qui n’a diminué que de 10 points de pourcentage depuis. Seuls 20 % avaient alors une opinion défavorable selon Cadem (seuls 37,5 % des personnes approuvaient Boric dès le début de sa présidence dans l’enquête d’Activa). Il y a un mois, 30 % étaient encore indécis ou n’avaient pas répondu. Mais la population s’est faite une opinion sur le président semble-t-il avec désormais seulement 10 % d’indécis ou qui ne répondent pas. Dans le même temps, les opinions défavorables n’ont cessé d’augmenter pour atteindre 50 %.

Élu en décembre avec 55,9 % des voix, Gabriel Boric, 36 ans, est devenu le plus jeune président du Chili après quatre élections où deux présidents se succédaient au pouvoir. Homme politique de gauche et ancien leader étudiant, Boric a été une figure clé des manifestations de 2019 dans le pays. Elles ont abouti à un référendum pour changer la constitution du Chili et ont permis d’unir l’opposition de gauche et de centre-gauche pour les élections présidentielles. Boric est arrivé deuxième lors du premier tour des élections, puis a remporté le second tour contre le candidat d’extrême droite José Antonio Kast.

Mais le soutien et la confiance envers les personnes chargées d’élaborer la nouvelle constitution se sont estompés au fil des semaines, entraînant dans leur chute la popularité de Gabriel Boric.

La Convention constitutionnelle et ses 155 membres élus en juillet 2021 doivent encore finaliser le document d’ici juillet 2022. Elle n’a pas été en mesure de le rédiger en neuf mois et a besoin d’une période supplémentaire de trois mois.

La population doit valider la constitution lors d’un plébiscite national prévu en septembre. Mais alors que 56 % des Chiliens avaient une opinion favorable de la Convention constitutionnelle fin janvier, seuls 38% en sont désormais satisfaits. Activa Research affiche un taux d’approbation légèrement supérieur, à 46 %.

Depuis des mois, les discussions sur un sujet aussi important et complexe sont perçues comme chaotiques, alimentées par des controverses, des idées antagonistes et une communication confuse. Les partis politiques traditionnels de droite et de centre-gauche, qui ont obtenu moins de sièges représentatifs que d’habitude, remettent également en question la légitimité de la convention.

La perception que le pays est sur la bonne voie est tombé à 33 % des Chiliens interrogés, soit 17 points de moins que le 18 mars, selon Cadem. Selon le pouls citoyen d’Activa Research, seuls 18 % des Chiliens pensent que le pays s’améliore.

Pour 57 % de la population interrogée par Cadem, l’inflation est la principale cause des difficultés économiques du Chili. L’indice des prix à la consommation dans le pays a augmenté de 9,4 % au cours des 12 derniers mois.

La population a tendance à associer les causes de l’inflation à la pandémie de COVID-19 (41 %) et aux retraits dans les fonds de pension (21 %).

Le pays a laissé les Chiliens retirer de l’argent déposé dans leurs fonds de retraite pour répondre à des besoins urgents, au détriment de leurs futures retraites. Ces retraits ont aussi été perçus comme accélérant l’inflation. La population a retiré plus de 55 millions de dollars des caisses de retraite depuis le début de la pandémie.

Le 18 avril, la Chambre des députés a refusé un nouveau retrait des caisses de retraite individuels qui aurait été destiné à payer des dettes, financer une primo-accession ou verser une pension alimentaire.

Pour Activa Research, l’inflation est la deuxième préoccupation la plus importante dans le pays juste derrière la criminalité (41,3% et 41,7%). Les retraites arrivent en quatrième position avec 21%.

Selon Cadem, ce déclin de popularité pour un président chilien n’avait pas été observé avec ses deux prédécesseurs. Dans les seconds gouvernements de Sebastián Piñera et de Michelle Bachelet, le nombre d’opinions défavorables qui dépassaint celui d’opinions favorables envers l’exécutif avait commencé à apparaître aux semaines 37 et 33, et non à la semaine 5 d’une présidence.

L’ancien président Sebastián Piñera a aujourd’hui un taux d’opinions favorables de 30 %. Michelle Bachelet, qui a quitté ses fonctions en 2018 et qui est désormais haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, est plus populaire avec 55 % d’opinions favorables. Tous deux se sont succédé à la présidence du Chili entre 2010 et 2022.

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