Politique

Les responsables boliviens réunis pour tenter de trouver une solution sur le recensement dans l’espoir de mettre fin aux tensions sociales

Les responsables de Bolivie se réunissent dans l’espoir de trouver une solution sur la date du prochain recensement à l’origine de protestations sociales. La date du recensement définira la répartition des ressources et la représentation politique dans le pays.

Le président bolivien Luis Arco (au centre) lors de la réunion plurinationale pour le recensement le 28 octobre
Le président bolivien Luis Arco (au centre) lors de la réunion plurinationale pour le recensement le 28 octobre | Twitter

Le 28 octobre, le gouvernement bolivien a invité 364 élus du pays incluant les gouverneurs, les maires, les autorités des autonomies rurales autochtones et les responsables d’universités publiques à participer à la réunion plurinationale pour le recensement, qui vise à pacifier le pays en apportant une solution sur la date du prochain recensement de la population et des logements.

Si 95 % des autorités ont confirmé leur présence pour donner leur avis, un siège reste vide et a attiré l’attention. Luis Fernando Camacho, le gouverneur du département de Santa Cruz, ne participe pas aux discussions.

Homme de droite opposé au gouvernement de gauche, le gouverneur Camacho ne veut participer aux discussions qu’une fois la décision de réaliser le recensement en 2024 sera annulée.

Car c’est bien plus qu’une simple date du recensement qui est en jeu.

Le recensement de la population et des logements en Bolivie, qui comprend également une mise à jour cartographique du pays et de ses infrastructures, est une procédure d’ampleur, avec plus de 200 000 personnes impliquées dans l’opération. Le dernier recensement a eu lieu en 2012. Et les résultats du recensement conduisent également à des ajustements de la distribution des ressources et de la représentation politique à travers le pays.

Et M. Camacho souhaite que les résultats du recensement soient effectifs avant 2025 et les élections générales qui désignent le prochain président de la Bolivie et les parlementaires du Sénat et de la Chambre des députés. Le socialiste Luis Arco est devenu président avec 55 % des voix en 2020, M. Camacho y avait alors recueilli 14 % des bulletins de vote.

Le débat autour de la date du recensement a réellement commencé en avril quand le directeur de l’Institut national des statistiques, Humberto Arandia, a déclaré qu’il n’y avait pas de conditions logistiques, financières et techniques pour réaliser le recensement initialement prévu en novembre 2022. À ce moment, le report à 2024 n’était qu’une suggestion.

Mais en juillet, le gouvernement a décidé de reporter officiellement le recensement à 2024. Les maires de La Paz, Cochabamba, Santa Cruz de la Sierra et Potosí avaient estimé pouvoir effectuer le recensement au cours du premier semestre 2023, tandis que Sucre, Oruro, Trinidad et El Alto étaient satisfaits du report.

M. Camacho souhaite que le recensement ait lieu en 2023 afin que les changements induits par les résultats puissent être mis en œuvre avant 2025. Santa Cruz pourrait obtenir trois sièges supplémentaires au parlement.

Santa Cruz est le département le plus peuplé du pays. La Bolivie compte environ 12 millions d’habitants, dont 8 millions dans les départements de Santa Cruz, La Paz et Cochabamba. Santa Cruz est également le centre économique et la plaque tournante des exportations agricoles du pays.

Soutenues par M. Camacho, des grèves ont éclaté à Santa Cruz. Et le 22 octobre, des milliers de personnes ont entamé une grève illimitée, au cours de laquelle les conflits entre partisans et opposants du gouvernement ont fait des morts et plusieurs blessés.

Les partisans du gouvernement affirment que la date du recensement est utilisée comme une tentative de déstabilisation du pays.

Le gouvernement, qui doit faire face à sa plus grande crise sociale à ce jour, a annoncé mercredi une pause dans les exportations de graine, de tourteaux de soja et des dérivés, de sucre, de boeuf et d’huile, comme “mesure préventive” pour garantir la disponibilité des produits de base sur le marché intérieur. Cette décision met également la pression sur Santa Cruz, principale plaque tournante des exportations agricoles du pays.

Le maire de Cochabamba, Manfred Reyes Villa, a déclaré vendredi sur la chaîne publique Bolivia TV que le recensement avait déjà commencé dans le pays avec l’enquête sur la cartographie de la Bolivie, mais que la principale question étaient de savoir quand les résultats seraient disponibles.

Découvrez plus d’actualités de Bolivie

Related Articles

Back to top button