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51 condamnés à mort pour les meurtres d’experts suédois et américain de l’ONU en RDC en 2017

Un tribunal de la République démocratique du Congo a condamné 51 personnes à mort pour les meurtres de deux experts des Nations unies dans la province du Kasaï en 2017. La Suède et les États-Unis demandent que des enquêtes supplémentaires soient menées.

Un an après le début du procès, 51 personnes ont été condamnées le 29 janvier pour le meurtre de deux experts des Nations unies, Michael Sharp et Zaida Catalán, dans la province du Kasaï en 2017.

Ils sont condamnés à la peine de mort mais un moratoire datant de 2003 convertit en fait la peine de mort en prison à vie. Les condamnés étaient pour la plupart issus de la rébellion armée de Kamwina Nsapu.

En 2017, Zaida Catalán et Michael Sharp avaient été mandatés par les Nations unies pour enquêter sur les violences dans la province du Kasaï-central, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo.

La région était instable après la rébellion de Kamwina Nsapu, un chef de tribu vantant les lois coutumières qui s’est soulevé contre Kinshasa. Il fut tué en 2016.

Les deux experts de l’ONU et les quatre Congolais locaux, trois chauffeurs et un traducteur, avaient été enlevés et amenés dans la jungle. Les corps de Zaida Catalán, une ressortissante suédo-chilienne, et de Michael Sharp, un citoyen américain, ont été retrouvés morts deux semaines plus tard. Zaida Catalán avait été décapitée.

Un rapport du Conseil de sécurité de l’ONU a estimé qu’ils étaient tombés dans une embuscade et n’a pas écarté l’implication potentielle de membres de la sécurité du pays.

Le colonel Jean de Dieu Mambweni, accusé d’avoir envoyé les deux experts des Nations unies dans l’embuscade et d’avoir fourni des armes aux tueurs, a été condamné à dix ans de prison.

Le tribunal a estimé que les preuves étaient insuffisantes pour considérer qu’il avait organisé le complot et le condamner pour crime de guerre. Selon le tribunal, “sa faute est d’avoir reçu les experts des Nations Unies dans son bureau sans en informer sa hiérarchie“, rapporte RFI.

Sa peine correspond à son insubordination et au fait d’avoir envoyé Michael Sharp et Zaida Catalan dans un endroit qu’il savait dangereux.

Pour les Etats-Unis et la Suède, l’enquête doit se poursuivre.

La ministre des Affaires étrangères de la Suède, Ann Linde, a écrit sur Twitter qu’il est “crucial que l’enquête concernant les autres personnes impliquées se poursuive pour continuer de découvrir la vérité et rendre justice“.

“Les autorités congolaises, en coopération avec le mécanisme de l’ONU, doivent poursuivre leur enquête sur toutes les pistes possibles pour que la justice soit pleinement rendue”, a déclaré l’ambassade des États-Unis en RDC dans un communiqué.

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