Société

Le gouvernement britannique annonce une refonte des prêts étudiants

Le gouvernement britannique a annoncé une réforme pour revoir la dette étudiante afin d’économiser de l’argent avec davantage d’étudiants qui rembourseraient l’intégralité de leurs prêts.

prêt étudiant Royaume-Uni

La ministre britannique de l’enseignement supérieur, Michelle Donelan, a annoncé le 24 février un plan pour réformer la dette étudiante et afin de faire économiser de l’argent à l’État.

Le gouvernement a annoncé un gel des frais de scolarité pour deux années supplémentaires. C’est la septième année que les frais de scolarité des étudiants n’augmentent pas, ce qui représente une économie d’environ 5 000 livres (5 900 euros) pour les étudiants, selon Michelle Donelan. Les frais de scolarité dans les universités britanniques sont actuellement de 9 250 livres (11 000 euros).

Mais la ministre a également annoncé une série de mesures concernant les prêts étudiants, pour permettre au Trésor public et aux contribuables d’économiser des milliards de livres.

Au Royaume-Uni, les étudiants peuvent emprunter de l’argent à l’État pour payer les frais d’inscription de l’université ou financer les dépenses du quotidien. Ils remboursent ensuite leur dette en fonction de leurs revenus.

En avril 2021, les étudiants, anciens et encore dans leur cursus, du Royaume-Uni devaient encore rembourser 161 milliards de livres (190 milliards d’euros) de prêt étudiant, selon le gouvernement. Le montant est supérieur au produit intérieur brut annuel de 165 pays.

On estime que le montant des prêts étudiants du Royaume-Uni pourrait atteindre plus de 500 milliards de livres d’ici avril 2043. Et 77 % des étudiants ayant entamé un cursus de premier cycle à temps plein en 2020 ne devraient pas, selon les prévisions actuelles, pouvoir rembourser intégralement leur prêt.

Par conséquent, le modèle actuel de financement des étudiants signifie que les contribuables britanniques paient des milliards de livres pour des frais d’études que les diplômés ne remboursent jamais.

Dans le cadre de la refonte de la dette étudiante, les nouveaux prêts aux diplômés seront désormais prolongés jusqu’à 40 ans. À l’heure actuelle, les dettes d’études non remboursées sont effacées par le gouvernement au bout de 30 ans. La réforme signifie donc qu’un plus grand nombre de diplômés rembourseront l’intégralité de leur dette puisque les prêts devront être remboursés pendant 40 ans au lieu de 30.

Remboursement de la dette étudiante à partir de 25 000 £ de revenus au lieu de 27 295 £

La nouvelle mouture de ce qui est souvent qualifié de “taxe à vie sur les diplômés” est “plus conforme à la durée des carrières modernes“, a justifié la ministre.

De cette manière, le gouvernement espère qu’une proportion plus élevée de tous les diplômés remboursera l’intégralité de sa dette : 52% des étudiants devraient rembourser intégralement leur dette par rapport aux 23% prévus actuellement.

Par ailleurs, les prochains emprunteurs verront leur seuil de remboursement abaissé. Le système de remboursement commencera dès que les diplômés toucheront un salaire de 25 000 £ par an, alors que le seuil de remboursement actuel est de 27 295 £.

L’obtention d’un prêt étudiant deviendra également conditionnée par des notes minimales aux examens de mathématiques et d’anglais. Environ 5 000 étudiants seraient affectés par ce changement, soit le nombre d’étudiants qui ont été admis à l’université en 2021 sans avoir satisfait à ces exigences en mathématiques et anglais.

Contrairement aux ambitions du parti d’opposition travailliste qui souhaite que la moitié des jeunes de 18 ans entrent à l’université, la ministre ne souhaite pas fixer d’objectif sur le nombre d’étudiants à atteindre. Ils pourraient d’ailleurs y réfléchir à deux fois avant d’entrer à l’université avec les nouvelles conditions de financement.

La réforme s’inspire beaucoup d’un rapport gouvernemental, le Post-18 Education and Funding Review, publié en 2019 et également appelé rapport Augar du nom de son auteur principal. Ce rapport considérait que l’enseignement supérieur coûtait trop cher aux contribuables.

Il notait par exemple qu’il y avait une “offre excédentaire de certains cours” alimentée par un “financement gouvernemental non orienté“. À ce titre, il recommandait aux universités de trouver des gains d’efficacité afin que les étudiants ne paient pas de frais de scolarité supérieurs à 7 500 livres par an, ce qui, au final, réduirait la dette des étudiants.

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