Économie

Quand les apiculteurs tentent d’empêcher le vol de leurs ruches en Californie

Des apiculteurs installent des traceurs GPS et des caméras de surveillance pour protéger leurs ruches contre le vol en Californie.

Apiculteur dans une exploitation d'amandiers en Californie
Apiculteur dans une exploitation d’amandiers en Californie | © California Almond

Alors que la période de pollinisation des amandiers a commencé en Californie, les apiculteurs tentent d’empêcher les vols de ruches en installant des traceurs GPS et des caméras de surveillance.

Bien que des vols de ruches aient été signalés ailleurs aux États-Unis, ils se produisent à grande échelle dans l’État de Californie, premier producteur mondial d’amandes.

C’est particulièrement vrai entre la mi-février et la mi-mars, lorsque les bourgeons des amandiers deviennent des fleurs au teint blanc-rose. Pendant quelques semaines, des milliards d’abeilles sont transportées par camion des quatre coins des États-Unis vers la Californie pour polliniser des vallées entières de vergers. Les producteurs d’amandes louent les abeilles aux apiculteurs.

Et les vols de ruches sont devenus si fréquents que les apiculteurs se tournent désormais vers les dispositifs de suivi GPS, les caméras de surveillance et d’autres technologies antivol pour protéger leurs précieuses colonies.

Ces dernières semaines, 1 036 ruches d’une valeur de plusieurs centaines de milliers de dollars ont été déclarées volées dans des vergers californiens, selon les autorités.

L’association des apiculteurs de l’État a même offert une récompense de 10 000 dollars pour toute information permettant de retrouver 384 ruches dérobées dans un champ du comté de Mendocino. Les autorités, aidées par un informateur anonyme, ont finalement retrouvé la plupart des ruches et un chariot élévateur volés dans la ferme familiale située à 88 kilomètres de là. Un suspect a été arrêté. Les enquêteurs ont également trouvé des cadres de corps de ruche utilisés pour contenir les alvéoles qui appartenaient à Helio Medina, un autre apiculteur qui a perdu 282 ruches il y a un an.

Après le vol de l’année dernière, Helio Medina a décidé de placer des traceurs GPS à l’intérieur des structures pendant la période de pollinisation de cette année. Il a également attaché des verrous et des câbles autour des ruches et installé des caméras à proximité. À l’approche de la floraison des amandes, alors que les ruches prenaient de la valeur, il s’est mis à patrouiller dans les vergers la nuit, au moment où la plupart des vols ont lieu. C’est aussi un moment où personne ne surveille et où les abeilles sont de retour dans leurs ruches.

Le plus souvent, ils volent pour gagner de l’argent et laissent les abeilles mourir“, a déclaré Rowdy Jay Freeman, un inspecteur du shérif du comté qui suit les vols de ruches depuis 2013. Il conseille aux apiculteurs d’utiliser des caméras de sécurité et de mettre leurs noms et numéros de téléphone sur les ruches. Certains apiculteurs utilisent également un liquide visible uniquement sous une lumière UV pour marquer leurs boîtes et prouver leur propriété.

Le voleur est généralement un autre apiculteur ou une personne familière du le transport des abeilles.

Amandiers en Californie
Amandiers en Californie | © California Almonds

Des apiculteurs qui volent d’autres apiculteurs

La demande d’abeilles en Californie n’a cessé d’augmenter au cours des 20 dernières années, l’État étant devenu le premier producteur d’amandes au monde. Au cours de cette période, la superficie des terres consacrées à la culture des amandes a plus que doublé pour atteindre un total estimé à 526 000 hectares. Une étude menée auprès des apiculteurs commerciaux a estimé qu’il faudrait 90 % des colonies d’abeilles domestiques des États-Unis pour polliniser tous les vergers d’amandiers de Californie. Les apiculteurs de la côte Est traversent tout le pays pour fournir leurs abeilles.

Et, par conséquent, le prix de la location d’une ruche augmente de façon spectaculaire. De moins de 50 dollars pour une ruche il y a vingt ans, il faut désormais compter jusqu’à 230 dollars par ruche en 2022. C’est la plus probable source de motivation des voleurs, qui sont très probablement d’autres apiculteurs.

Car d’un autre côté, les populations d’abeilles sont fragiles et sensibles aux conditions météorologiques, aux maladies, à la perte de leur habitat et aux insecticides. Avec le manque de fleurs sauvages l’été dernier, les abeilles n’ont pas pu transformer suffisamment de nectar en miel et survivre à l’hiver. Les apiculteurs ont dû ajouter du sucre dans les ruches pendant l’hiver, ce qui a entraîné des coûts supplémentaires.

Denise Qualls, une courtière en pollinisation qui met en relation les apiculteurs et les producteurs, soupçonne que les vols se produisent parce que les apiculteurs ne peuvent pas fournir les colonies importantes qu’ils avaient promises :  “Ils peuvent recevoir l’argent du cultivateur et ensuite ils laissent les ruches“.

Selon la loi californienne, le vol de biens d’une valeur de 950 dollars ou moins est classé comme un délit. Mais le vol de tout produit agricole d’une valeur d’au moins 250 dollars est considéré comme un crime.

La California State Beekeepers’ Association enjoint les apiculteurs à communiquer régulièrement avec les cultivateurs sur l’emplacement de leurs ruches. Elle encourage également les producteurs à engager des apiculteurs réputés qui peuvent prouver qu’ils sont propriétaires de leurs ruches.

L’industrie de l’amande, quant à elle, tente de réduire sa dépendance vis-à-vis des abeilles en cultivant des variétés qui nécessitent moins d’abeilles pour la pollinisation et en investissant dans des initiatives visant à améliorer leur santé.

L’Almond Board of California a également rejoint une coalition visant à créer un habitat pour les pollinisateurs sur les terres agricoles, que l’État de Californie a soutenu avec un financement de 15 millions de dollars.

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