Sciences et santé

Un candidat coréen propose le remboursement des soins contre la calvitie

Le candidat aux élections présidentielles du Parti démocratique de Corée a proposé que l’assurance maladie prenne en charge les frais médicaux contre la perte de cheveux.

Lee Jae-myung, candidat à la présidence du Parti démocratique de Corée du Sud
Lee Jae-myung, candidat à la présidence du Parti démocratique de Corée du Sud | © Chung Sung-Jun/Pool via REUTERS, janvier 2022

Cette semaine, le candidat du parti au pouvoir aux élections présidentielles de Corée du Sud a déclenché un débat sur les soins de santé concernant la calvitie.

Le membre du Parti démocratique de Corée, Lee Jae-myung, a proposé que l’assurance maladie couvre les frais de santé destinés à lutter contre la perte de cheveux.

Selon lui, près de 10 millions de Coréens souffrent de calvitie, ou alopécie pour le terme médical, mais beaucoup d’entre eux achètent des médicaments de l’étranger ou prennent des alternatives destinées à soigner la prostate en raison du coût élevé des traitements.

La population de Corée du Sud compte environ 52 millions de personnes, ce qui signifierait qu’un Coréen ou une Coréenne sur 5 souffre d’alopécie. L’âge médian dans le pays est de 44 ans.

Selon Reuters, il n’existe pas de données officielles sur le nombre de Sud-Coréens souffrant d’alopécie. En 2020, 230 000 personnes ont reçu un traitement hospitalier pour cette raison selon le Service national d’assurance maladie.

En 2016, un journaliste du Korea Times partageant son expérience sur la calvitie écrivait que 10 millions de Coréens en souffraient et que le marché des médicaments et des compléments alimentaires atteignait 3 000 milliards de wons (2,5 milliards de dollars) sans citer ses sources.

Une étude réalisée en 2001 a révélé que la prévalence de l’alopécie était de 14 % chez les hommes coréens et de 6 % chez les femmes coréennes, soit un peu moins que la prévalence chez les Européens par exemple.

La proposition du candidat a été soutenue, critiquée et moquée. Les critiques estiment qu’il s’agit d’une démarche populiste.

Lors d’un meeting du parti le 4 janvier, une mère de deux enfants a expliqué qu’elle avait renoncé à son traitement contre l’alopécie en raison de ses coûts. Elle avait dû débourser 4 millions de wons (3 325 dollars) en six mois pour du shampoing et de la nourriture spécifique.

Son équipe de campagne évalue le coût pour rembourser les traitements pour l’alopécie

Lee Jae-myung est soudainement devenu un personnage central du paysage politique coréen en promouvant le système du revenu universel et pour sa gestion stricte de la pandémie de COVID-19 en tant que gouverneur de la province de Gyeonggi, la province la plus peuplée de Corée du Sud qui entoure Séoul.

Lee Jae-myung a déclaré mercredi que la couverture des soins contre la perte de cheveux était nécessaire du point de vue de la “complétude du corps“. Son équipe de campagne étudie l’impact financier potentiel de la proposition.

CNN a rapporté en 2020 que les traitements pour éviter de perdre ses cheveux étaient un phénomène nouveau qui suscitait la gêne chez les Asiatiques.

Une petite recherche menée en 2002 a révélé que les hommes chauves étaient perçus comme étant plus âgés et moins attrayants par plus de 90 % des 250 personnes ayant répondu au questionnaire. Elle a en outre suggéré que l’alopécie influençait négativement les interactions sociales en Corée.

En 2017, la Commission nationale des droits de l’homme de Corée a estimé que le fait de ne pas être embauché en raison de sa calvitie était discriminatoire. Un homme n’a pas pu travailler lors d’un événement hôtelier car sa calvitie était considérée comme “inadaptée à l’hôtellerie” par les recruteurs. En 2018, l’organisme de surveillance des droits de l’homme a réaffirmé que les employeurs ne devaient pas discriminer les demandeurs d’emploi après qu’un Sud-Coréen a soutenu qu’il n’avait pas réussi à obtenir un emploi pour la maintenance d’un bâtiment parce qu’il était chauve. On lui avait demandé de porter une perruque lors de l’entretien d’embauche.

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