Économie

Avec le nouveau gouvernement Netanyahu, la réforme sur la portabilité des numéros de téléphone casher en Israël sera abandonnée

Une réforme ouvrant le marché de la téléphonie casher en Israël permettant de changer d’opérateur sans changer de numéro de téléphone sera abandonnée avec le nouveau gouvernement de Benjamin Netanyahu.

Mobile phone in Israel
© Ilan Dov

Une réforme du marché des télécoms promue par le précédent gouvernement d’Israël qui permettait le transfert des numéros de téléphone cacher d’un opérateur à l’autre sera annulée, a affirmé le nouveau ministre des Communications Shlomo Karai lors d’un discours prononcé le 2 janvier à l’occasion de sa prise de fonction au sein du gouvernement de coalition conservateur mené par le Likoud de Benjamin Netanyahu.

Le ministre sortant des Communications, Yoaz Hendel, souhaitait que cette réforme permette la portabilité des numéros de téléphone entre les services de téléphonie et appareils casher et non casher.

En Israël, certaines lignes téléphoniques, principalement utilisées par les juifs orthodoxes, sont considérées comme casher car elles sont certifiées par le Comité rabbinique des communications. Les juifs orthodoxes ne peuvent pas vraiment utiliser les nouvelles technologies mais les téléphones portables cascher sont autorisés depuis quelques années. Toutefois, les abonnés sont soumis à des restrictions concernant l’appareil, les cartes SIM et les services de téléphonie disponibles, les conditions étant toutes déterminées par le comité. Les SMS ne sont pas autorisés, seules certaines applications sont accessibles, internet et les caméras peuvent ne pas être disponibles, tous les numéros de téléphone ne peuvent pas être appelés, etc. Environ 500 000 abonnés ont un numéro de téléphone casher en Israël, selon le ministère des communications.

De plus, un numéro de téléphone casher est reconnaissable à son préfixe. Ainsi, la portabilité prévue pour les abonnés âgés de plus de 18 ans entre des lignes casher et non casher signifiait que les utilisateurs auraient pu conserver leur numéro de téléphone casher même s’ils décidaient de changer ensuite à un abonnement ou à un portable non casher, perdant ainsi une marque de différenciation pour les juifs orthodoxes. Selon le journal économique israélien Calcalist, des établissements scolaires ultra-orthodoxes en Israël peuvent effectivement accepter ou refuser des enfants en fonction du préfixe du numéro de téléphone des parents, par exemple. De nombreux citoyens israéliens ultra-orthodoxes conservent en fait deux téléphones, l’un casher et l’autre non, selon le ministère.

M. Hendel déclarait le 20 février 2022 que le Comité rabbinique, le seul organe qui contrôle les services de téléphonie casher, a un monopole qui fait que “le public ultra-orthodoxe [est] enchaîné à une seule organisation qui fixe les prix et viole les droits des consommateurs”.

Plaidant la liberté de choix, M. Hendel avait également justifié que l’ouverture du marché à la concurrence entraînerait une réduction des coûts pour les consommateurs.

Mais le nouveau ministre des Communications, M. Karai, a estimé qu'”après avoir approfondi le sujet, les motivations de cette réforme n’étaient pas pour les consommateurs mais une tentative d’ingérence dans les habitudes et les préférences d’utilisation des citoyens privés. J’ai l’intention de signer l’annulation de la réforme Kuma Hachshara dans les prochains jours. Nous n’interviendrons pas dans les décisions d’un utilisateur, dans quelque secteur que ce soit”, a-t-il justifié.

Les autorités religieuses conservatrices étaient opposées à la réforme, accusant M. Hendel d’essayer d’imposer un mouvement séculier. Le changement devait être mis en œuvre l’été dernier, mais une décision de justice l’avait mis en suspens jusqu’à une nouvelle audience pour 2023, ce qui reportait la réforme jusqu’à la formation du nouveau gouvernement après les résultats des élections législatives de 2022 qui se sont tenues en novembre.

Et Benjamin Netanyahu le 29 décembre est redevenu le premier ministre d’Israël avec une coalition de partis de droite et de religieux conservateurs. Cette coalition suscite des inquiétudes car elle s’est engagée à soutenir l’expansion de colonies juives en Cisjordanie. Le 30 décembre, l’Assemblée générale des Nations unies a demandé à la Cour internationale de justice de rendre un avis sur les conséquences juridiques de l’occupation des territoires palestiniens par Israël. Les politiques religieuses orthodoxes strictes auront également plus de poids dans le gouvernement.

Aryeh Deri, le chef du Shas, un parti politique ultra-orthodoxe, était fermement opposé à la réforme et fut nommé vice-premier ministre, ministre de l’intérieur et ministre de la santé dans le nouveau gouvernement. L’annulation de la réforme faisait partie de l’accord de coalition, ce qui laissait peu de suspense quant à son avenir.

Cependant, les partis de la coalition ne se sont pas mis d’accord sur ce qui remplacera la réforme.

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