Politique

L’ONU et les rebelles Houthis du Yémen s’accordent pour éviter une fuite massive de carburant d’un pétrolier dans la mer

Les Nations unies et les rebelles Houthis du Yémen ont trouvé un accord pour sauver le pétrole brut d’un pétrolier endommagé ancré depuis des décennies dans la mer Rouge. Le bateau risquait de couler et de provoquer une catastrophe environnementale.

Le pétrolier FSO Safer, amarré dans la mer Rouge au large des côtes du Yémen
Le pétrolier FSO Safer, amarré dans la mer Rouge au large des côtes du Yémen | © Conflict and Environment Observatory

Les Nations Unies et les rebelles Houthis du Yémen ont signé un protocole d’accord visant à résoudre la menace environnementale que représente un pétrolier amarré au large des côtes du Yémen depuis les années 1980, a indiqué l’ONU le 7 mars.

Le pétrolier risque de couler tout en ayant à son bord l’équivalent de plus d’un million de barils de pétrole brut.

La présence du pétrolier FSO Safer en mer Rouge fait craindre une marée noire massive ou une explosion qui pourrait provoquer une catastrophe environnementale. Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré que la mission de l’ONU au Yémen “a confirmé que le risque de catastrophe imminente est bien réel, comme nous le répétons depuis un certain temps”.

À court terme, la solution prévue par le mémorandum consiste à transférer le pétrole du Safer vers un autre navire.

Mais le mémorandum, daté du 5 mars, indique clairement que la solution dépend de la mobilisation des fonds des donateurs.

Les Nations unies doivent “s’efforcer de mobiliser les fonds nécessaires” et tous les signataires reconnaissent que les autorités de Sanaa, la capitale du Yémen, “n’ont aucune obligation financière” pour la conduite du projet. Cependant, les autorités houthistes s’engagent à fournir toutes les installations nécessaires à la réussite du projet”.

L’ONU fournira le navire qui restera à proximité du pétrolier Safer. Les détails de l’opération sont en cours de finalisation.

Le pétrolier Safer est un navire de fabrication japonaise construit dans les années 1970 et vendu au gouvernement yéménite dans les années 1980. Le navire mesure 360 mètres de long et possède 34 réservoirs de stockage. Il a été acheté pour stocker jusqu’à 3 millions de barils de pétrole extrait des gisements de de Marib, une province dans l’est du Yémen, afin de l’exporter.

Mais la province est actuellement une zone de conflit et toutes les opérations d’exportation liées au FSO Safer ont été suspendues, laissant 150 000 tonnes à son bord. La maintenance sur le navire a également été interrompue.

Le Yémen est en proie à une guerre civile depuis 2014, lorsque les rebelles Houthis soutenus par l’Iran ont pris le contrôle de la capitale et d’une grande partie du nord du pays. Ils ont ensuite contraint le gouvernement à fuir vers le sud et l’Arabie saoudite. Une coalition dirigée par l’Arabie saoudite est entrée en guerre en mars 2015, soutenue par les États-Unis et les Émirats arabes unis, pour tenter de rétablir le président Abed Rabbo Mansour Hadi au pouvoir.

Les Houthis contrôlent les ports de l’ouest du Yémen sur la mer Rouge, y compris Ras Issa, à seulement 6 kilomètres de là où le Safer est amarré, et l’ONU négocie depuis des années avec le groupe rebelle pour tenter de faire monter des experts sur le pétrolier afin de l’examiner.

L’eau a pénétré le compartiment du moteur, causant des dommages aux tuyaux et augmentant le risque de naufrage. La maintenance n’était plus possible car les dommages subis par le navire étaient considérés comme irréversibles.

À plus long terme, le protocole d’accord stipule que “les Nations unies s’engagent à fournir un remplacement équivalent au FSO Safer adapté à l’exportation dans un délai de 18 mois”.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page