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Un débris spatial percutera la Lune et formera un cratère

Un débris spatial va heurter la Lune et créer un cratère, mais personne, à l’exception d’une poignée de passionnés, ne se soucie des déchets laissés par des humains aussi loin dans l’espace.

Cratères sur la face cachée de la Lune
Cratère Daedalus sur la face cachée de la Lune, vu depuis le vaisseau spatial Apollo 11 en orbite lunaire. Le diamètre du cratère est d’environ 80 km | © NASA

La Lune est sur le point d’être frappée par les débris d’une fusée, créant un cratère conséquent.

Le 4 mars, trois tonnes d’un reste de fusée vont s’écraser sur la face cachée de la Lune à une vitesse de 9 300 km/h. Les experts s’attendent à ce que l’objet creuse un trou de 10 à 20 mètres de large.

La face cachée de la Lune est celle qui se trouve toujours du côté opposé à la Terre. Cette face comporte beaucoup plus de cratères que celle que les humains voient depuis la Terre.

L’impact ne sera donc visible ni de nos propres yeux ni à partir de télescopes. Il faudra peut-être des semaines, voire des mois, pour confirmer l’impact par des images satellites. L’atterrisseur lunaire chinois, situé sur la face cachée de la Lune, sera trop éloigné pour détecter l’impact de vendredi, juste au nord de l’équateur. D’autres satellites de la NASA ou de l’Inde seront également hors de portée.

Sans véritable atmosphère, la Lune est sans protection contre les météores et astéroïdes, pas plus que contre les vaisseaux spatiaux, dont certains se sont écrasés délibérément pour des raisons scientifiques. En l’absence de climat, il n’y a donc pas d’érosion et les cratères formés par à l’impact restent éternellement.

La NASA recense actuellement plus de 27 000 débris orbitaux, ou “déchets spatiaux”. Mais de nombreux autres déchets, trop petits pour être suivis, orbitent dangereusement dans l’espace à proximité de la Terre.

Face cachée de la Lune
La face cachée de la Lune photographiée par Apollo 16 en 1972. La face cachée a beaucoup plus de cratères que la face visible, qui est recouverte de mers lunaires. Une explication possible est que la surface de la face cachée est plus épaisse, rendant plus difficile pour la matière en fusion du dessous de remonter à la surface et former les mers. | © NASA

Aucun pays ne se soucie vraiment de surveiller ce genre de débris spatial

En revanche, les objets lancés plus au loin dans l’espace sont généralement oubliés car il est peu probable qu’ils touchent quelque chose à proximité de nous. À l’exception d’une poignée d’observateurs qui aiment les suivre pour le plaisir.

Bill Gray, mathématicien, physicien et traqueur d’astéroïdes amateur, a identifié la collision entre la fusée, longue de 12 mètres et de 3 mètres de diamètre, et la Lune en janvier dernier.

Il avait initialement considéré que le projectile provenait d’une fusée Falcon de SpaceX, mais il a ensuite revu ses calculs affirmant ensuite qu’il s’agissait probablement du troisième étage d’une fusée chinoise. Plusieurs autres experts soutiennent ses nouveaux résultats, mais ni SpaceX ni la Chine ne l’ont contacté pour ses calculs.

Personne ne se soucie vraiment dece qu’ils font des déchets sur ce type d’orbite”, a déclaré Gray.

Jonathan McDowell, du Centre d’astrophysique de Harvard et du Smithsonian Center for Astrophysics, fait remarquer qu’il n’existe aucune base de données disponible, à part celles que lui-même, Gray et quelques autres ont créées.

Nous sommes maintenant dans une époque où de nombreux pays et entreprises privées laissent des objets dans l’espace, il est donc temps de commencer à les surveiller”, a déclaré McDowell. “Pour l’instant, personne ne le fait, à part quelques fans sur leur temps libre”.

Cela faisait longtemps que j’espérais que quelque chose de gros frappe la Lune. Idéalement, cela aurait frappé la face visible de la Lune à un moment où nous pourrions réellement le voir”, a déclaré Gray.

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