La plus grande organisation criminelle du Brésil accusée d’infiltrer des sociétés de bus de São Paulo

Le 9 avril avait lieu une opération de lutte contre le PCC, la plus grande organisation criminelle du Brésil. Une longue enquête préliminaire a permis d’identifier deux compagnies de bus soupçonnées d’être infiltrées par le PCC afin de blanchir l’argent du crime organisé.

beaucoup de voitures de police sur un parking
Plus de 400 fonctionnaires ont participé à l’opération « End of the Line ». | © Ministère public de São Paulo

L’opération End of the Line s’est déroulée le 9 avril dans le cadre de soupçons de blanchiment d’argent pour l’organisation criminelle Premier Commando de la Capitale (PCC). Il s’agit de l’opération la plus importante contre ce groupe à São Paulo.

End of the Line a été menée par le Groupe d’action spécial de lutte contre le crime organisé (GAECO) du Ministère Public de São Paulo (MPSP), après une enquête préliminaire de 4 ans.

Elle aboutit à la saisie de 11 armes, 813 munitions mais aussi des disques durs et des clés USB sans oublier des centaines de milliers de réaux et même des lingots d’or.

Parmi les 6 personnes arrêtées se trouvaient des dirigeants des compagnies UpBus et Transwolff, soupçonnés de faire partie du PCC qui les aurait fondées ou financées pour répondre aux appels d’offres publics permettant de blanchir de l’argent sale et détourner de l’argent public.

Rien qu’en 2023, les deux compagnies de bus ont reçu plus de 843 millions de réaux (150 millions d’euros) de la ville de São Paulo pour exploiter les lignes de bus dans les zones sud et est. Ces lignes, dorénavant opérées par un service public, transportent 700 000 passagers quotidiens, soit 10% du trafic.

Cela fait des dizaines d’années que les entreprises de transport sont suspectées d’être liées au PPC. Le procureur de l’affaire, Lincoln Gakiya, a déclaré que d’autres compagnies de bus faisaient l’objet d’une enquête.

« Le PCC a aujourd’hui toutes les caractéristiques d’une mafia. J’en citerai quelques-unes : opérations transnationales, un fonctionnement smilaire à une entreprise (…) et nous avons malheureusement l’infiltration des pouvoirs publics (…) Le crime organisé finance les campagnes des conseillers municipaux aux maires parce que c’est dans les municipalités qu’ils obtiennent la concession des services » dit Lincoln Gakiya.

Pour défier la loi, plusieurs stratagèmes auraient été utilisés. L’un d’eux aurait utilisé les « oranges » : des particuliers affiliés au PCC achetant des actions de la société pour discrètement augmenter les parts de la faction dans l’entreprise.

En y retirant des dividendes, exonérés d’impôts sur le revenu, même lors des années de déficit, le PCC aurait pu blanchir environ 54 millions de réaux (presque 10 millions d’euros) du trafic de drogue selon une estimation du MPSP.

Des sociétés écrans liées aux entreprises de transport auraient également été utilisées pour que des membres du PCC achètent des villas bien en-dessous de leur valeurs estimées.

Les tribunaux des délits fiscaux ont donc destitué 15 actionnaires d’UpBUs et 6 membres de la direction de Transwolff.

Le dirigeant d’UpBus, surnommé Pandora, était déjà soupçonné d’avoir financé à hauteur de plusieurs millions de dollars un complot visant à libérer une personne incarcérée, le milieu carcéral étant notoirement contrôlé par le Premier Commando de São Paulo.

Un mandat d’arrêt a été émis contre un leader du PCC, en fuite depuis 10 ans. Surnommé Cebola, il est responsable de la logistique des expéditions de cocaïne, qui est la principale activité économique de la plus grande faction du Brésil. Le PCC est un acteur important dans le trafic international de drogue, surtout dans les pays voisins du Brésil.

De par sa mainmise sur les entreprises gouvernementales, les organisations criminelles du Brésil ont été comparées à la mafia italienne des années 80 par le chef de la police italienne, a rapporté le procureur de l’affaire.

Aude Brès

Aude est rédactrice pour Newsendip. Elle est diplômée de l'université de la Sorbonne.

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