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Le gouvernement espagnol vote une enquête sur les abus sexuels au sein de l’Église catholique

Le gouvernement espagnol a approuvé une enquête sur les abus sexuels au sein de l’Église catholique. Un mois auparavant, l’Église annonçait qu’elle avait engagé un cabinet privé pour effectuer son propre audit.

Église Saint-Jérôme-le-Royal à Madrid en Espagne
Église Saint-Jérôme-le-Royal à Madrid en Espagne | © Luiz Felipe S. C., 2021

Les parlementaires espagnols ont chargé l’ombudsman, le protecteur des droits, du pays de la première enquête officielle sur les abus sexuels perpétués au sein de l’Église catholique espagnole.

Tous les parlementaires, exceptés les membres d’un parti d’extrême droite détenant environ 15% des sièges de la Chambres de Députés, a approuvé le 10 mars la proposition émise par les socialistes et le Parti nationaliste basque.

Le vote marque un moment important alors que l’opinion publique fait pression sur la reconnaissance de l’ordre épiscopal d’abus sexuel au sein de l’Église en Espagne.

La Conférence épiscopale espagnole a rejeté pendant des années une telle enquête. Cependant, elle a annncé le mois dernier qu’un cabinet d’avocats privé passerait en revue les cas d’abus sexuel passés et présent au sein de l’Église. L’enquête est destinée aux abus du clergé, des enseignants et d’autres personnes associées à l’Église.

Mais certaines victimes restaient sceptiques quant à leur véritable intention. Fernando García Salmones, un porte-parole de l’Association enfacne volée qualifiait l’audit d’une “manigance pour détourner l’attention” parce que l’Église imposerait ses conditions à une entreprise dévouée à l’ordre catholique.

El Pais, le premier quotidient d’Espagne, a rassemblé les témoignages pour plus de 600 cas d’abus impliquant deux fois plus de victimes, alors que les chiffres sont susceptibles d’être bien plus élevés.

Les autortiés ecclésiastiques auraient nié de nombreuses accusations, ignoré les victimes ou ralenti les enquêtes, affectant souvent les prêtres dans de nouvelles paroisses ou dans les mission à l’étranger où ils pouvait perpétuer leurs agissements.

Les partis politiques ont fini par accepté de laisser l’enquête dans les mains d’Angel Gabilondo, ancien membre d’une fraternité catholique et ancien ministre de l’éducation de 2009 à 2011. Ils ont estimé que ce choix garantissait que l’Église aurait à rendre des comptes.

Dans un tweet, le premier ministre espagnol Pedro Sánchez écrit que l’investigation est “un premier pas pour essayer de réparer la douleur des victimes, qui n’avaient pas été entendues jusqu’à maintenant”.

Plus tôt dans l’année, le Portugal a aussi entamé une enquête indépendante, mais financée par l’Église, sur les abus sexuels alors qu’elle avait longtemps refusé un audit interne.

Quelques pays – les États-Unis, l’Australia, l’Irlande, la France, l’Allemange – se sont récemment penché sur les abus sexuel au sein de l’Église.

Mais peu de gouvernement ont été à l’initiative d’une enquête similaire à celle de l’Espagne.

La religion est dissocié de l’État since la Constituion de 1978 qui a fait de l’Espagne une démocratie mais l’Église catholique reste fortement ancrée dans la culture et les traditions espagnoles.

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