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Ministre du changement climatique de Nouvelle-Zélande: La pandémie n’est pas une solution

Le ralentissement des activités pendant la pandémie de COVID-19 a entraîné une baisse des émissions de gaz à effet de serre en Nouvelle-Zélande, mais le chemin reste encore long pour atteindre la neutralité carbone.

Moutons en Nouvelle Zélande

Les émissions de gaz à effet de serre brutes ont diminué de 3,5 % entre 2019 et 2020 en Nouvelle-Zélande, selon le Greenhouse Gas Inventory publié le 12 avril par le ministère de l’Environnement. Le pays devrait atteindre son objectif international de réduction des émissions en 2020, conformément à la Convention-cadre des Nations unies sur le changements climatique.

Mais la baisse s’explique surtout par les restrictions liées au COVID-19 qui ont entraîné un ralentissement de l’activité dans le transport routier, les industries manufacturières, l’aviation, la construction.

Ainsi, “il est clair qu’une pandémie n’est pas le moyen de lutter contre le changement climatique”, a déclaré le ministre du changement climatique James Shaw dans un communiqué.

De plus, les émissions brutes de gaz à effet de serre ont augmenté de 21 % entre 1990 et 2020 en Nouvelle-Zélande. Le pays s’est engagé à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Il est clair que nous avons beaucoup à faire pour être sur la voie de la neutralité”, a déclaré M. Shaw.

L’inventaire montre que les émissions brutes de gaz à effet de serre de la Nouvelle-Zélande en 2020 étaient de 78,8 millions de tonnes équivalent carbone. Cela représente environ 15,4 tonnes par habitant dans un pays de 5,1 millions de personnes.

Si la Nouvelle-Zélande était le 60e émetteur mondial de gaz à effet de serre selon les données comparatives 2018 de la base de données sur les émissions pour la recherche atmosphérique mondiale, elle était aussi le 22e émetteur par habitant avec seulement 7 % d’émissions en moins qu’un citoyen des États-Unis. Chaque Australien émet cependant 40 % de gaz à effet de serre de plus qu’un Néo-Zélandais de manière générale.

En 2020, les principaux contributeurs étaient le méthane, dû à l’augmentation du nombre de vaches laitières, et le dioxyde de carbone, dû au transport routier. Avec respectivement 50 % et 40 % des émissions brutes de la Nouvelle-Zélande en 2020, les secteurs de l’agriculture et de l’énergie sont les deux principaux contributeurs. Les émissions brutes en 2020 se composent de 43,7 % de dioxyde de carbone et de 43,5 % de méthane.

Pour le ministre du changement climatique, les plus grandes possibilités de réduction des émissions résident dans le méthane provenant de l’agriculture et les émissions de carbone provenant des transports.

Alors que le ministre de l’agriculture Damien O’Connor estime que diminuer la taille des troupeaux n’est pas nécessaire pour atteindre les ambitions de réduction des émissions de la Nouvelle-Zélande, M. Shaw s’est montré plus ouvert à cette solution : “Les agriculteurs se portent mieux, ils sont moins endettés, ils gagnent plus d’argent, leurs produits gagnent en valeur sur le marché et ils réduisent simultanément les émissions”.

Mais le leader de l’opposition Christopher Luxon du parti National considère que le gouvernement est peut-être trop conservateur et n’est pas d’accord sur la nécessité de réduire le bétail, rapporte RNZ. “De mon point de vue, nous devons changer un peu notre état d’esprit, arrêter d’être si négatif et de considérer les agriculteurs comme des méchants”.

En 2021, le nombre de moutons – environ 26 millions ou 5 par habitant – est resté stable en Nouvelle-Zélande. Cependant, le nombre de bovins de boucherie est passé à 4 millions, soit +4 % par rapport à 2020, et les vaches laitières à 6,3 millions de têtes, soit +1 %. Les exportations de produits laitiers représentent 15,7 milliards de dollars (10,8 milliards américains) dans l’économie du pays, dont 40 % est consacré au marché chinois.

Luxon préfère concentrer ses efforts sur les transports et les véhicules électriques, bien qu’il existe une remise sur les voitures pour inciter à passer à des véhicules à faibles émissions.

Le gouvernement prévoit de publier le mois prochain le premier plan de réduction d’émissions de gaz à effet de serre du pays. Ce plan comprendra également, pour la première fois, un budget carbone. Le gouvernement devrait également décider de la manière de gérer et de tarifer les émissions de gaz à effet de serre d’origine agricole dans le courant de l’année.

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