L’entreprise américaine souhaite adapter son produit global aux besoins de l’Afrique. Elle se concentrera d’abord sur le Ghana et le Nigeria.
Le 12 avril, Twitter a annoncé qu’il étendait sa présence en Afrique en créant 12 nouveaux postes au Ghana.
Afin de s’adapter aux spécificités africaines, Twitter a décidé que ses « équipes doivent être plus immergées dans les communautés riches et vibrantes qui animent les conversations qui ont lieu chaque jour à travers l’Afrique, et nous ne pouvons le faire qu’en engageant des équipes locales ».
Twitter va donc constituer une équipe au Ghana. Bien que l’entreprise ait adopté une politique de travail à distance, elle étudiera les possibilités d’ouvrir un bureau à Accra.
Pour les responsables de Twitter, ce choix se justifie par le fait que le Ghana est « un champion de la démocratie ».
L’ambition de devenir le leader de l’économie numérique en Afrique
Le Ghana est considéré comme une « démocratie imparfaite », selon l’Indice mondial de la démocratie de 2020. Cependant, le pays figure parmi les cinq pays africains les mieux classés dans un continent dominé par les régimes autoritaires.
Twitter a pour l’instant ouvert 12 offres d’emploi, notamment dans les domaines du produit, de la conception, de l’ingénierie ou du marketing et de la communication.
L’entreprise concentrera principalement ses efforts sur le marché de l’Afrique de l’Ouest, en particulier le Ghana et le Nigeria, où elle expérimentera la nouvelle approche de mettre en place une équipe directement dans le marché cible.
Être choisi par l’entreprise technologique américaine est une bonne nouvelle pour le Ghana, un pays qui ambitionne d’être le leader de l’économie numérique en Afrique d’ici 2028.
Par ailleurs, si 43% de la population ghanéenne utilise internet, ce qui est supérieur à la moyenne africaine, c’est encore beaucoup moins que le Nigeria (73%).
Début de polémique au Nigeria
Au Nigeria, certains se sont plaints de l’incapacité du gouvernement nigérian à influencer Twitter pour qu’il choisisse leur pays comme le siège africain.
Tolu Ogunlesi, assistant spécial du président Buhari pour le numérique, a déclaré, sur Twitter, que ce n’était « même pas si important », arguant que Microsoft, Facebook ou Google avaient déjà investi au Nigeria.
Le Nigeria n’est par ailleurs que le 110ème pays dans l’indice mondial de la démocratie.
À l’instar de la Norvège qui investit dans les installations de formation numérique du Ghana, Twitter aidera également les communautés locales comme par exemple avec la fondation HackLab, qui se concentre sur l’avancement de l’éducation aux technologies en Afrique.
En effet, un rapport de la Banque mondiale en 2019 estimait que « seuls quelques Ghanéens ont l’expérience requise en matière de compétences numériques […] pour établir une économie numérique prospère et inclusive ».
Mise à jour : Après le rachat de Twitter par Elon Musk, l’entreprise a fermé ses opérations en Afrique